Confessions d’une scrum master – Première partie : Un rôle clé de la collaboration par Guylaine Drolet

Un Scrum Master, qu’est-ce que ça mange pour déjeuner? Qu’est-ce que ça chante sous la douche?

Je sais que vous mourrez d’envie de le savoir, mais ces questions épineuses devront attendre un autre billet. Mais si vous voulez savoir ce que fait un Scrum Master au quotidien, vous êtes au bon endroit!

Salut! Ici votre Scrum Master certifiée!

Je sais que vous avez beaucoup de questions, alors installez-vous confortablement et place à l’interrogatoire. Si vous terminez votre lecture avec une meilleure compréhension de ce que je fais et de la valeur que j’apporte à l’équipe, je considérerai ma mission accomplie.

Scrum Master? Ah, tu es gestionnaire de projet!

Vous allez me faire pleurer! Je n’ai absolument rien contre les gestionnaires de projet – je leur lève mon chapeau! – mais je ne suis pas l’une des leurs. Je vous garantis que j’ai beaucoup à apprendre de ce qu’ils font (et vice-versa, s’ils décidaient de devenir Scrum Master!)

En tant que Scrum Master, je ne gère ni les gens ni le produit/projet. Mon rôle est de former les membres de l’équipe à devenir plus efficaces et à les amener à se concentrer sur des objectifs précis plutôt que sur la portée générale du projet.

Alors… Tu fais quoi, exactement?

Je fais partie d’une triade! Dans la méthode Scrum, une triade est composée d’un ou d’une propriétaire de produit, d’un ou d’une Scrum Master et d’une équipe de développement.

Le propriétaire de produit est responsable du produit. Il s’entretient avec les différents partenaires pour obtenir une vision claire du produit et de ce qu’il devrait faire. Il est le « gourou de l’entreprise ».

Le Scrum Master facilite les processus Scrum et enseigne à l’équipe les principes agiles. Il élimine les obstacles pour son équipe et aide le propriétaire de produit à maximiser la valeur de celui-ci, dans les limites des capacités de l’équipe.

L’équipe de développement est composée de 7±2 personnes qui possèdent l’ensemble des compétences nécessaires pour mener le produit jusqu’à sa phase finale. En ce sens, l’équipe de développement n’est pas nécessairement composée uniquement de programmeurs, mais peut aussi comprendre des spécialistes du marketing, des designers… Le seul prérequis : l’équipe doit posséder collectivement toutes les aptitudes nécessaires pour offrir de la valeur au client lors de chaque sprint.

Tout autre acteur se trouvant à l’extérieur de cette triade doit interagir avec le Scrum Master, qui protège son équipe des dérangements extérieurs.

Et cette triade, comment fonctionne-t-elle?

La triade nécessite BEAUCOUP de collaboration et BEAUCOUP de préparation. C’est là que j’entre en jeu.

Je m'assure que l'équipe de développement planifie ses sprints en fonction de ses capacités et de l'objectif communiqué par le propriétaire de produit. J’organise les rétrospectives, où je crée un espace sans jugement où chacun peut exprimer son point de vue. Et finalement, j’anime des revues pour que les membres de l'équipe puissent démontrer à quel point ils sont bons!. Ces cérémonies nécessitent beaucoup de préparation, pour dire franchement.

Être Scrum Master implique de ménager les attentes du propriétaire de produit, et de s’asseoir avec lui pendant des heures en espérant pouvoir faire fitter la toute dernière fonctionnalité à la feuille de route sans que tout ne s’écroule.

Mon rôle implique également de motiver l’équipe de développement à s’approprier le produit et à laisser libre cours à sa créativité. Après tout, on a embauché des gens brillants, non? Laissons-leur la liberté dont ils ont besoin pour déployer leurs ailes.

Bref, je suis responsable de guider l’équipe Scrum entière à devenir autosuffisante, à tous les égards.

J’organise également des ateliers sur un paquet de petites choses, comme l’estimation, et de grandes choses, notamment le fait que la méthode Scrum ne reconnait pas leurs titres d'emploi.

 

Je ne sais pas si mon équipe a remarqué, mais c’est plutôt deux mots : compréhension partagée. Je répète ces deux mots-là souvent et je les utilise même dans mon quotidien.

Je préfère qu’une discussion sur le récit utilisateur prenne trois heures et que nous en sortions avec une idée claire et commune de ce qu’on bâtit et de ce dont on a besoin, plutôt que de simplement « laisser les choses comme elles sont » et que chacun retourne à sa besogne.

La majorité des ateliers que j’organise mettent l’accent sur cette notion de compréhension partagée. Dans le cadre de toutes les rencontres et les cérémonies que j’anime, je m’attends à ce qu’on échange longuement pour comprendre exactement ce qu’on fait ou ne fait pas.

Quel est le mot que tu dis trop souvent?

Je ne sais pas si mon équipe a remarqué, mais c’est plutôt deux mots compréhension partagéeJe répète ces deux mots-là souvent et je les utilise même dans mon quotidien.  

Je préfère qu’une discussion sur le récit utilisateur prenne trois heures et que nous en sortions avec une idée claire et commune de ce qu’on bâtit et de ce dont on a besoin, plutôt que de simplement « laisser les choses comme elles sont » et que chacun retourne à sa besogne 

La majorité des ateliers que j’organise mettent l’accent sur cette notion de compréhension partagéeDans le cadre de toutes les rencontres et les cérémonies que j’anime, je m’attends à ce qu’on échange longuement pour comprendre exactement ce qu’on fait ou ne fait pas. 

Comment te décrirais-tu?

Je suis un peu comme la Suisse : je ne prends pas de décisions et je ne suis « du côté » de personneJe pose plutôt énormément de questions jusqu’à ce que quelqu’un d’autre sonne l’alarme. 

Je m’assure aussi que tout le monde son mot à direOn a tous un point de vue différent, et si on veut atteindre… oui, je vais le dire encore… une compréhension partagée, tout le monde doit se prononcer sur ce qu’il pense qu’on bâtit (ou qu’on ne bâtit pas). 

Les équipes Scrum regroupent plusieurs spécialités administration, assurance de la qualitéfront endback end… Nommez-lesC’est très intéressant de voir le résultat de la collaboration entre toutes ces personnes qui partagent leur opinionUn problème qui pourrait sembler insurmontable pour une personne seule est soudainement résolu lorsque quelqu’un d’autre offre son point de vue. 

Et je pense que je devrais acheter des actions de Post-it… 

C’est une description de tâches plutôt vague… Comment sais-tu que tu fais ton travail correctement?

Si vous avez besoin d’une validation constante ou que quelqu’un vous donne des tapes dans le dos… Je suis désolée, mais ce n’est pas l’emploi pour vous. 

Dans un scénario idéal, plus le temps passe et moins je suis présente pour mon équipe, puisque chacun maîtrise les processus et n’a donc plus besoin de mon soutienAvec le temps, je fais partie de chacun des membres de l’équipe et je m’efface graduellement jusqu’à ce que je n’aie plus rien besoin de dire. 

Je serai fière de dire que j’ai bien fait ma job lorsque je pourrai dire à mon boss : « Tu peux me laisser partir. On n’a plus besoin de moi ici. » 

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